Manuela de Tervarent, "Tempo" expOsiTiOns La terre se déplace dans le système solaire à, paraît-il, 30 kilomètres à la seconde, ce qui représente plus de 100 000 kilomètres à l'heure. Participant au mouvement infini des astres, la terre adopte en plus de ce grand mouvement elliptique autour du soleil, une rotation permanente sur son axe, ce qui nous vaut cette alternance du jour et de la nuit. Rotations, ellipses, trajectoires curvilignes ce sont là autant de motifs qui ponctuent le parcours de Manuela de Tervarent. Et si son existence ne prétend pas se dérouler à la vitesse vertigineuse du globe terrestre, il est certain que Manuela de Tervarent a parcouru bien des pays et des continents. Fille de coopérants, elle a vécu principalement en Amérique du Sud et en Afrique (Algérie, Pérou, Burundi, Equateur…). Dans cette enfance loin de l'Europe où les périodes de fixation étaient limitées à quelques années, l'expérience de la danse est très tôt venue unifier cette existence morcelée géographiquement et culturellement. Expérience du corps, du mouvement et de la vie initiée dès l'âge de quatre ans, la danse ne la quittera plus. Formant un univers intuitif et tactile, elle ne cessera de s'y rapporter en expérimentant et questionnant diverses de ses formes : danses traditionnelles, danse classique, danse afro-cubaine et enfin danse des cinq rythmes. A côté de ce premier fil rouge manifeste dans tous ces déplacements et séjours à travers le monde, Manuela de Tervarent a cimenté cette existen- ce en mouvement perpétuel par une autre expérience: la photographie. Dès l'âge de dix ans, nantie d'un appareil photographique, la pratique et l'usage de cet instrument qui s'apparente à un formidable support pour la mémoire prenait place de manière cruciale dans cette vie faite de à des dépaysements réguliers. De ces deux expériences fécondes, danse et photographie, éclot un goût tout particulier pour l'image du corps en mouvement. Kim Leroy La Vénerie, Expositions La Ronde J'ai conçu cette vidéo comme un cycle, un voyage à travers l'enfance, une innocence à danser entre les mondes, à travers l'imaginaire. Telle une rivière dont l'eau se déplace et visite différents endroits. Elle est toujours la même et pourtant différente. J'ai été inspirée par la "Ronde" qui est une danse rituelle et sacrée. Elle se pratique, à l'origine, en rond dans les villages. Le cercle formé par les danseurs symbolise l'unité de la communauté composée de tous les corps individuels. Au centre, se trouve le totem, l'élément sacré et intouchable de la communauté. La ronde se pratique de préférence dans le sens inverse des aiguilles d'une montre pour que chacun des danseurs ait le pied gauche (celui qui est du côté du coeur) vers le centre. La danse relie le danseur au centre de la communauté par le coeur, donc par la vie et l'amour. Aujourd'hui, la "Ronde" ne se danse plus dans notre société ; la danse est montée sur scène. C'est pour cela que dans la vidéo, l'enfant danse seul et pas uniquement dans le sens inverse des aiguilles d'une montre. Il est lancé dans une course sans fin, traversant des espaces qui changent et qu'il ne reconnaît plus, à la recherche d'un lien perdu. Manuela de Tervarent 26